Un soir de tête de mort
Il y a des soirs comme ça, où je préfèrerais me faire bouffer le cerveau à la petite cuillère. C'était un de ces soirs justement,
j'avais la citrouille prête à exploser, lorsque retentit la sonnette. Driing ! Aaaaaaaaahh! Quand j'ai mal au crâne, au moindre bruit c'est un supplice, alors je gueule.
Driiing ! Aaaaaaaaaaah ! Bordel de m...! Et je jure. J'aurais préféré pouvoir déposer mon cerveau dans un bac à glace le temps d'aller ouvrir, mais l'imbécile qui se trouvait
de l'autre côté de la porte resonna de plus belle. Driiiiiiiinng ! Oooooh ! Ça va j'Aaaarive (merde !) ! Il y a des soirs comme ça où je préfèrerais n'être qu'un squelette
pour oublier la chair. Que l'on m'arrache les nerfs et la moëlle épinière. Driiiiiiiinng ! C'était une fois de trop... et l'imbécile de l'autre côté, comme pour me confirmer qu'il était
imbécile, se mit à gueuler d'une voix stridente et grinçante Des bonbons ou un sort ! Il y a des soirs comme ça, où mon cerveau est dépourvu de toute réflexion. Ce soir là mon cerveau ne
réclamait qu'une chose, le silence absolu mais en moins fort. N'écoutant que mon instinct monstrueux de survie, j'ai ouvert la porte comme une bête enragée. Et là j'ai envoyé le plus beau coup de
savate de toute ma vie dans le drap blanc pourtant solide qui me faisait face. La masse blanchâtre alla s'écraser presque sans bruit à plus de dix mètres de mon perron, dans la neige et
l'obscurité, et disparut de mon esprit comme une image fantôme. Il y a des soirs comme ça, et c'était un de ces soirs là, où un évènement incompréhensible me soulage instantanément d'un mal de
crâne le plus cauchemardesque. Je refermai la porte la tête légère. A mes pieds, un bonbon gisait sur le sol.
Art.No.271007
(d'après un thème des impromptus littéraires)
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Par @rtno
7
Samedi 23 février 2008
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Chers terriens, je vous fais mes adieux.
Je m'appelle Orion, Estèle Orion, professeur d'astronomie. Ca s'invente pas. De fait, de par nature, je hais les
GPS et autres matériels dénaturant. Je suis pas du genre à combler le temps en notant des rendez-vous inutiles sur un agenda. Plutôt du genre à me promener la
tête dans les étoiles. Autant dire que je n'ai plus trop ma place dans votre monde de lumières artificielles sans éclats. C'est pourquoi j'ai décidé de prendre mes clics et mes
tongs pour un autre lieu. Un lieu où on ne trouve pas d'abricot en plein hiver, où la sensualité des saisons et des étoiles a encore un sens. Un
lieu sûr !
A ma bonne étoile...
Art.No.020907
(d'après un thème des impromptus littéraires)
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Par @rtno
3
Mercredi 13 février 2008
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Inquiétant
Bien rares sont ceux qui l'aperçoivent
Seule une présence lui rappelle qu'il existe
Seuls les oiseaux chantent
Les hommes eux ne font que crier
Seuls la lyre et le vent chantent
D'après lui, ils se sentent incapables de voir la réalité
Puisqu'il est réalité, il rend les gens indifférents
C'est un des facteurs les plus graves de son authenticité
Pour les autres, il n'est qu'un personnage des plus ridicule, des plus inactif
C'est pourquoi il ne regarde que le ciel
Il lui semble que les nuages, bleus pâle lui font comme un voile au travers duquel les gens passent et s'effacent de la réalité.
Mais où est-il donc passé ce sacré lutin ?
Inquiétants
Texte publié chez les impromptus littéraires d'après un thème imposé
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Par @rtno
3
Lundi 17 décembre 2007
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Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mémé. Elle est contente mémé. Ses quinze petits enfants sont là. Ils lui ont fait un gros cadeau surprise. Alors elle déballe
mémé. Surprise. Sous le premier emballage il y en a un autre. Elle a pas tout de suite compris mémé. Elle est un peu surprise. Elle a d'abord cru à une erreur. Mais tous rient alors elle
comprend. Elle rit un peu, mais un peu seulement. Puis elle déballe à nouveau. Surprise, il y a un troisième emballage. Cette fois, elle rit un peu plus. Elle a compris la blague mémé. Elle
s'attelle à sa tache une fois de plus. Surprise. Un quatrième emballage. « Ooooh » fait-elle l'air surprise, pour nous faire plaisir. Surprise. Un cinquième, un sixième, un septième
emballages. Mémé s'arrête un peu mi-sourire mi-interloquée. Tous l'encouragent à continuer. Elle continue forçant le sourire et les emballages. Un huitième, un neuvième, un dixième... Surprise
sur surprise, elle fatigue un peu. C'est long, on rit moins autour. Puis on l'encourage à nouveau. « Allez mémé plus que quatre-vingt deux ! », c'est René qui lui crie dans l'oreille.
Il est gentil René mais un peu con. Elle compte plus mémé. Elle enchaîne. Surprise. Surprise. Surprise... On se lasse un peu autour d'elle. On l'encourage moins. Surprise. Elle rigole plus du
tout mémé. Elle commence à comprendre. René avait raison. Surprise. Et elle déballe sans y penser. Elle réalise que le paquet rétrécit de plus en plus. Surprise. Surprise. Ça l'agasse un peu
mémé. Mais elle ne dit rien et elle ne dira rien. Pour ses petits enfants, elle veut pas les vexer. Mais elle en pense pas moins mémé. Combien en a-t-elle déballé ? Combien en reste-t-il à
déballer ? Surprise. Surprise. Plus personne ne la regarde maintenant. Beaucoup sont déjà retournés au buffet. Et le paquet est là, dans ses mains, de plus en plus petit, mais toujours
soigneusement emballé. Elle oublie mémé. Combien déjà, combien encore ? On l'oublie mémé. Sauf René qui se penche à nouveau vers elle pour lui crier « allez mémé... ». Surprise. Elle
est morte mémé.
Art.No.270207
(d'après un thème des impromptus littéraires)
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Par @rtno
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Jeudi 13 décembre 2007
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Non décidément
Je vois bien que vous ne connaissez pas les pavés belges
Comment dire
Les pavés de Bruxelles c'est tout cela
Mais en plus impressionnant
Comment vous faire comprendre
Le pavé belge est à prendre
Mais pas comme cela
Comme vous vous y prenez mal
Non voyez plutôt
Là en effet vous comprenez
C'est déjà mieux
Mais je vois bien que nous n'irons pas plus loin aujourd'hui
C'est que ça ce mérite un pavé belge
Il est peut-être préférable que vous n'en sachiez pas plus
Oui c'est cela le pavé belge
Mais bien au-delà encore
Et peut-être même davantage
D'ailleurs pour votre sécurité je n'en dirai pas plus
Les pavés comprendront
Art.No.150207
(d'après un thème des impromptus littéraires)
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Par @rtno
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Lundi 3 décembre 2007
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Au chômage
Depuis deux heures
Vingt ans dans la même boîte
Pas eu le temps de dire ouf
Et pourtant
Je connaissais bien le patron
Depuis deux heures
Saoul au bord du zinc
Au bar sans le sou
Jeté comme un mal propre
Et pourtant
Je connaissais bien le patron
Le nez dans le caniveau
Dans mon costume
Taille grand-patron
Je me prends à prier
Sainte Geneviève la patronne de Paris
Et pourtant
Je la connaissais pas trop
Mais son chef
Oh oui on peut le dire
Dans la bonne tradition
Elevé par le livre...
Je connaissais bien le Patron
Art.No.080207
(D'après un thème des impromptus littéraires : insérer la
phrase "je connaissais bien le patron")
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Par @rtno
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Vendredi 23 novembre 2007
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