Sur ce blog

 

 

           Les écrits présents sur ce blog ne sont que des inspirations, des instantanés, des fulgurances de la pensée qui pour la plupart sont à l'état brute. C'est pourquoi l'auteur parle de primeurs, dans le sens de « premier », mais aussi dans le sens de « simple ». Ils sont plus le reflet d'un esprit que la recherche d'une philosophie. C'est aussi la raison pour laquelle, ils forment à la fois un tout cohérent de part leur origine commune, et un ensemble pétri de contradictions, de paradoxes, ou de non sens (bien que leur auteur revendique l'esprit de bon sens). La forme de l'aphorisme ou de la maxime est malgré tout une recherche volontaire de toucher au fond des choses par une brièveté de l'expression. Il y a une volonté d'appréhender le complexe par le biais de la simplicité verbale tendant à exprimer le simple bon sens. Les poésies quant à elles sont une expression plus libre et subjective de la pensée.

 

Art.No.011208

Fictions

- Bonjour tout l' monde !
- Salut !
(Bref silence)
- Vous avez senti ?
- Quoi ?
- Là ! Encore, une odeur étrange.
- Ah oui en effet, une effluve...
(Il cherche à définir)
- Pas un parfum en tout cas !
(Silence)
- Tiens ? Ça ne sent plus !?
- Si ! C'est revenu.
- Ah oui, c'est comme...
- Ça pue un peu non ?
- Je ne dirai pas ça, c'est plutôt comme un soupçon de piment dans un bol de lait.
- Indéfinissable.
- Et pourtant cette odeur je la connais, c'est comme un parfum familier de l'enfance.
- Taisez-vous !
(Silence)
- Ça ne sent plus;
- Si !
- Taisez-vous !
(Silence)
- C'est reparti... ah non ?!
- Ah non ?! (simultanément)
- Chut !
(Silence)
- J'ai trouvé !
- Quoi ?
- Cette odeur, c'est la fragrance des mots.
(Silence...)

Art.No.220108 (D'après un thème des impromptus littéraires )

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Dimanche 25 mai 2008
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Un soir de tête de mort

Il y a des soirs comme ça, où je préfèrerais me faire bouffer le cerveau à la petite cuillère. C'était un de ces soirs justement, j'avais la citrouille prête à exploser, lorsque retentit la sonnette. Driing ! Aaaaaaaaahh! Quand j'ai mal au crâne, au moindre bruit c'est un supplice, alors je gueule. Driiing ! Aaaaaaaaaaah ! Bordel de m...! Et je jure. J'aurais préféré pouvoir déposer mon cerveau dans un bac à glace le temps d'aller ouvrir, mais l'imbécile qui se trouvait de l'autre côté de la porte resonna de plus belle. Driiiiiiiinng ! Oooooh ! Ça va j'Aaaarive (merde !) ! Il y a des soirs comme ça où je préfèrerais n'être qu'un squelette pour oublier la chair. Que l'on m'arrache les nerfs et la moëlle épinière. Driiiiiiiinng ! C'était une fois de trop... et l'imbécile de l'autre côté, comme pour me confirmer qu'il était imbécile, se mit à gueuler d'une voix stridente et grinçante Des bonbons ou un sort ! Il y a des soirs comme ça, où mon cerveau est dépourvu de toute réflexion. Ce soir là mon cerveau ne réclamait qu'une chose, le silence absolu mais en moins fort. N'écoutant que mon instinct monstrueux de survie, j'ai ouvert la porte comme une bête enragée. Et là j'ai envoyé le plus beau coup de savate de toute ma vie dans le drap blanc pourtant solide qui me faisait face. La masse blanchâtre alla s'écraser presque sans bruit à plus de dix mètres de mon perron, dans la neige et l'obscurité, et disparut de mon esprit comme une image fantôme. Il y a des soirs comme ça, et c'était un de ces soirs là, où un évènement incompréhensible me soulage instantanément d'un mal de crâne le plus cauchemardesque. Je refermai la porte la tête légère. A mes pieds, un bonbon gisait sur le sol.

Art.No.271007
(d'après un thème des
impromptus littéraires)

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Samedi 23 février 2008
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Chers terriens, je vous fais mes adieux.

Je m'appelle Orion, Estèle Orion, professeur d'astronomie. Ca s'invente pas. De fait, de par nature, je hais les GPS et autres matériels dénaturant. Je suis pas du genre à combler le temps en notant des rendez-vous inutiles sur un agenda. Plutôt du genre à me promener la tête dans les étoiles. Autant dire que je n'ai plus trop ma place dans votre monde de lumières artificielles sans éclats. C'est pourquoi j'ai décidé de prendre mes clics et mes tongs pour un autre lieu. Un lieu où on ne trouve pas d'abricot en plein hiver, où la sensualité des saisons et des étoiles a encore un sens. Un lieu sûr !

A ma bonne étoile...

Art.No.020907
(d'après un thème des
impromptus littéraires)

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Mercredi 13 février 2008
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Au détour d'un chemin j'ai rencontré la Guerre.
Je me mis en travers pour lui couper la route.
La Guerre me faisant face me dit : « Je travaille pour la Paix ».
Je lui répondis de plein fouet : « La Paix travaille pour que tu t'arrêtes ».
Excédée, la Guerre cria par dessus front : « Fous moi la Paix, tu veux ma mort ! ».
Avant que je lance une tirade, la Guerre était déjà sur d'autres fronts.
Ce chemin était dangereux, je pris à travers champs.
C'était un champ de mines...
Je m'immobilisai, l'herbe coupée sous le pied.
Du chemin me parvenait un chant de paix...
Feu la Guerre avait perdu son travail.
Et moi, un pied dans la tombe, l'autre sur une mine.
En ce nouveau temps de paix je m'apprêtais à la rejoindre.
Mon carnet dans une main, mon crayon mine dans l'autre.
J'écrivis ces derniers mots : « Des chemins vers la paix je n'en connais que les détours ».

Art.No.130507
(d'après un thème des
impromptus littéraires)
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Dimanche 3 février 2008
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Trois cuillères à soupe
Vingt rondelles fines
Quatre petits
La dose complète
20 ml pas trop chaud
10 cl bien frais
Une cuillère à café
Une pincée puis trois
Remuer 20 minutes
Rajouter bien pelées
5gr très rares
Chauffer un quart d'heure
Laisser refroidir une heure
Verser puis l'étaler sur l'ensemble
Placer les quelques morceaux râpés
Et...
Rajoutez un soupçon de chocolat noir

Art.No.100407
(d'après un thème des
impromptus littéraires)
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Dimanche 13 janvier 2008
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Le poisson était sur le dos. Il remontait la plage sans bruit. Cela faisait six jours qu'il était parti en mer. Dans la tribu on ne pensait déjà plus guère à lui. Il est rare que nos pêcheurs partent plus d'une journée pour pêcher, et encore plus rare qu'ils s'éloignent de la côte. Lui avait disparu six jours et six nuits ! C'est pourquoi personne ne l'accueillit sur la plage. Tous l'avaient regardé passer la barrière de corail, ramer tranquillement vers la plage, sauter de sa pirogue, la remonter sur le sable, et en sortir un poisson plus gros qu'un enfant de cinq ans.
L'effroi grandissait dans la tribu, tandit qu'il remontait la plage sans un sourire, le poisson sur le dos. Il fallait réagir, et vite. Ce ne pouvait être lui. Seul le mal pouvait réapparaître au bout de six jours et porter un tel poisson aussi tranquillement. Il fallait réagir, et vite, avant qu'il ne parle, une lance le transperça. Il tomba sans bruit sur le ventre, le poisson était sur le dos.

Art.No.290307
(d'après un thème des
impromptus littéraires)
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Jeudi 3 janvier 2008
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Inquiétant

Bien rares sont ceux qui l'aperçoivent
Seule une présence lui rappelle qu'il existe
Seuls les oiseaux chantent
Les hommes eux ne font que crier
Seuls la lyre et le vent chantent
D'après lui, ils se sentent incapables de voir la réalité
Puisqu'il est réalité, il rend les gens indifférents
C'est un des facteurs les plus graves de son authenticité
Pour les autres, il n'est qu'un personnage des plus ridicule, des plus inactif
C'est pourquoi il ne regarde que le ciel
Il lui semble que les nuages, bleus pâle lui font comme un voile au travers duquel les gens passent et s'effacent de la réalité.
Mais où est-il donc passé ce sacré lutin ?

Inquiétants


Texte publié chez
les impromptus littéraires d'après un thème imposé

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Lundi 17 décembre 2007
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Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mémé. Elle est contente mémé. Ses quinze petits enfants sont là. Ils lui ont fait un gros cadeau surprise. Alors elle déballe mémé. Surprise. Sous le premier emballage il y en a un autre. Elle a pas tout de suite compris mémé. Elle est un peu surprise. Elle a d'abord cru à une erreur. Mais tous rient alors elle comprend. Elle rit un peu, mais un peu seulement. Puis elle déballe à nouveau. Surprise, il y a un troisième emballage. Cette fois, elle rit un peu plus. Elle a compris la blague mémé. Elle s'attelle à sa tache une fois de plus. Surprise. Un quatrième emballage. « Ooooh » fait-elle l'air surprise, pour nous faire plaisir. Surprise. Un cinquième, un sixième, un septième emballages. Mémé s'arrête un peu mi-sourire mi-interloquée. Tous l'encouragent à continuer. Elle continue forçant le sourire et les emballages. Un huitième, un neuvième, un dixième... Surprise sur surprise, elle fatigue un peu. C'est long, on rit moins autour. Puis on l'encourage à nouveau. « Allez mémé plus que quatre-vingt deux ! », c'est René qui lui crie dans l'oreille. Il est gentil René mais un peu con. Elle compte plus mémé. Elle enchaîne. Surprise. Surprise. Surprise... On se lasse un peu autour d'elle. On l'encourage moins. Surprise. Elle rigole plus du tout mémé. Elle commence à comprendre. René avait raison. Surprise. Et elle déballe sans y penser. Elle réalise que le paquet rétrécit de plus en plus. Surprise. Surprise. Ça l'agasse un peu mémé. Mais elle ne dit rien et elle ne dira rien. Pour ses petits enfants, elle veut pas les vexer. Mais elle en pense pas moins mémé. Combien en a-t-elle déballé ? Combien en reste-t-il à déballer ? Surprise. Surprise. Plus personne ne la regarde maintenant. Beaucoup sont déjà retournés au buffet. Et le paquet est là, dans ses mains, de plus en plus petit, mais toujours soigneusement emballé. Elle oublie mémé. Combien déjà, combien encore ? On l'oublie mémé. Sauf René qui se penche à nouveau vers elle pour lui crier « allez mémé... ». Surprise. Elle est morte mémé.

Art.No.270207
(d'après un thème des
impromptus littéraires)

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Jeudi 13 décembre 2007
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Non décidément
Je vois bien que vous ne connaissez pas les pavés belges
Comment dire
Les pavés de Bruxelles c'est tout cela
Mais en plus impressionnant
Comment vous faire comprendre
Le pavé belge est à prendre
Mais pas comme cela
Comme vous vous y prenez mal
Non voyez plutôt
Là en effet vous comprenez
C'est déjà mieux
Mais je vois bien que nous n'irons pas plus loin aujourd'hui
C'est que ça ce mérite un pavé belge
Il est peut-être préférable que vous n'en sachiez pas plus
Oui c'est cela le pavé belge
Mais bien au-delà encore
Et peut-être même davantage
D'ailleurs pour votre sécurité je n'en dirai pas plus
Les pavés comprendront


Art.No.150207
(d'après un thème des
impromptus littéraires)

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Lundi 3 décembre 2007
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Au chômage
Depuis deux heures
Vingt ans dans la même boîte
Pas eu le temps de dire ouf
Et pourtant
Je connaissais bien le patron
Depuis deux heures
Saoul au bord du zinc
Au bar sans le sou
Jeté comme un mal propre
Et pourtant
Je connaissais bien le patron
Le nez dans le caniveau
Dans mon costume
Taille grand-patron
Je me prends à prier
Sainte Geneviève la patronne de Paris
Et pourtant
Je la connaissais pas trop
Mais son chef
Oh oui on peut le dire
Dans la bonne tradition
Elevé par le livre...
Je connaissais bien le Patron


Art.No.080207
(D'après un thème des
impromptus littéraires : insérer la phrase "je connaissais bien le patron")

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Vendredi 23 novembre 2007
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